L'erreur du faucon est de se jeter sur un animal vivace au venin foudroyant. L'erreur du mamba vert est de s'être aventuré hors de ses branchages verts en se mettant à découvert sur la terre ferme. L'oiseau fulgurant saisit sa cible, le serpent dans un réflexe de survie plante ses crocs dans l'oiseau. Le faucon reste à terre, il est mort. Le mamba, lui, il est empalé au sol par les griffes.

Do and die

Au moment où le photographe prend la photo des deux animaux illustrant l'article, le serpent n'est toujours pas mort. Il est immobile et il regarde l'objectif du photographe. J'aurais complètement oublié cette fable sur l'erreur si une phrase ne m'avait pas accrochée. En résumé elle disait : Le serpent est immobile et il attend la mort. Le verbe attendre a bien été utilisé pour le serpent.

Si le photographe (ou l'équipe du reportage, je ne sais pas) n'avait pas été là, le serpent serait mort sans tambours ni trompettes dans le silence de cette plaine tropicale. Pour moi, une nouvelle idée : Le serpent a attendu simplement la mort, il n'avait plus le choix, le piège était sans issue. Il s'est trompé, il n'a pas eu le dessus. Pourtant il était un seigneur. Bon, je ne sais pas ce qu'il s'est passé dans son cerveau, mais dans le mien il y a eu du mûrissement. En écho, m'est venu à l'esprit cet impératif trouvé je ne sais où : do and die. La vie est une forme de piège sans issue. Et la mort, cette catastrophe de tout les temps, une chose simple et naturelle.