lundi 22 août 2005

Photos en pagaille d'objets de musées

Dans mes recherches de ce qui tourne autour de la saudade historique je suis souvent amené à faire un tour virtuel du côté du site du Museo Nacional de Arte Antiga (Musée National d'Art Ancien) de Lisbonne. Manque de pot il est en cours de refonte et, donc, est inaccessible. Heureusement je suis tombé sur le site du projet ArtServe lancé par l' Australian National University.

Ce dernier site regorge de photos d'objets exposés dans divers musées ou autres fondations du monde. Un bémol à retenir : les photos sont souvent de qualité moyenne, et plus dommage encore, elles ne sont pas légendées (du moins celles que j'ai vu). Par contre le ou les photographes ont pris également, quand c'était possible, la pancarte ou la vignette de présentation. Ça ressemble bien à un « projet de dépannage ». Ils ont multiplié les points d'entrée par thèmes ou catégories pour y naviguer, cependant il faut un peu se débrouiller. Mais la visite de cette banque d'image vaut la peine, ne serait-ce que pour flâner.

En ce qui me concerne je suis passé par deux accès dédiés au Portugal :

Et les photos des objets exposés au Musée National d'Art Ancien sont ici :
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mardi 9 août 2005

Le sébastianisme

(Suite du précédent billet)

Le messianisme portugais

On ne sait pas avec certitude ce qu'est devenu son corps de Sébastien Ier. Mais le peuple refusa cette disparition. C'était un roi jeune, célibataire (il répugnait le mariage) et sans descendance. Il entre alors dans la légende et depuis il porte d'autres surnoms : O Adormecido (L'Endormi, ou le roi en dormition) ou bien O Encomberto ([le Roi] Secret). Suivant une légende il est toujours attendu pour son retour au pays ; revenir à la tête de la Nation pour lui redonner sa gloire et sa puissance. On dit aussi que cela se fera un matin de brouillard, ce qui nous montre un aspect très romantique et symbolique sur le retour d'un maître ou d'un homme providentiel.

Cette histoire à laquelle se mêle la légende fait partie de la culture portugaise, un passage significatif dans son histoire. Le sébastianisme est un mouvement messianique [1] entre culture, histoire et spiritualité. Sébastien est un roi, le maître d'un empire puissant, sous sa houlette une flotte rapide et agile ; en somme la force, la gloire et la jeunesse. Cette belle fleur mâle est coupée à Alcazar-Quivir et donne aux portugais un deuil sans corps, en fait un deuil sans mort.

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lundi 8 août 2005

Le Désiré

La saudade n'est bien évidemment pas apparue du jour au lendemain, elle s'est formé au gré de l'histoire. J'en profite pour commencer avec des événements importants de l'histoire portugaise, à savoir la fin de l'âge d'or du Portugal des Découvertes. En particulier avec le roi légendaire Sébastien Ier sur lequel on a coulé beaucoup d'encre. Je fais un tour dans le passé de mon pays et découvre sa dimension historique (disons une toute petite partie). Sans vouloir démontrer que que ce soit je ferai le parallèle avec le sentiment de saudade.

L'âge d'or du Portugal

Saudade est un mot féminin typiquement galégo-portugais. Il pourrait être une combinaison réalisée au Moyen-Âge de deux sens, à savoir « solitude » et « salut de l'âme ». Mais le concept pourrait apparaître lors de l'âge d'or du Portugal, celui des Découvertes et des Conquêtes aux environs du XIVe et XVe siècles, et dans une moindre mesure le XVIe. À cette époque le pays est l'un de plus puissants d'Europe. C'est un empire catholique, maritime et commercial, dont les comptoirs et les forteresses s'établissent en Amérique, en Afrique et en Asie. Mais les Portugais sont peut-être allés un peu trop loin dans leur désir de grandeur.

Extrait d'une carte de 1671 du Brésil
Extrait d'une carte du Brésil datant de 1671 réalisée par De Nieuwe pour un ouvrage d'Arnoldus Montanus (1625?-1683).
Ce brésil-là est une colonie d'où partaient notamment de nombreuses pierres précieuses vers la couronne portugaise.
[Source]

Cet âge d'or de la Lusitanie aura duré le temps d'une jeunesse, quelques siècles quand même, de quoi marquer les mémoires. Au XIIe siècle le Portugal devient un royaume indépendant, une terre gagnée sur la grande Espagne. Nous somme en période de croisade, les Maures sont petit à petit repoussés vers l'Afrique : c'est la Reconquista (Reconquête). Puis viennent les Découvertes et avec elles les colonisations, le prosélytisme forcené, la subtilisation de richesses exotiques, le commerce fluvial florissant. Le royaume de ces illustres marins prospère jusqu'au XVIe siècle, après c'est le sempiternel déclin.

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jeudi 4 août 2005

Petite intro sur la saudade

La saudade a la réputation d'être difficile à saisir. C'est un sentiment, un état qui vient plus du coeur que de la raison. Les mots font donc défaut. Il existe dans la plus part des pays lusophones (Portugal, Brésil, Cap-Vert…), mais c'est surtout au Portugal qu'il prend une place importante parce qu'il fait partie de la culture nationale, voir même de l'identité lusitanienne.

«Hombre saudoso a orillas del Douro. Oporto. 2004»
Hombre saudoso a orillas del Douro. Oporto. 2004.
(« Homme sur les berges du Douro. Ville de Porto. 2004 »)
Photo de Roberto Marquino.
© Image sous contrat CC. [Source]

D'abord la difficulté de définition. C'est une dualité entre la douleur et la joie. Il faut aborder des domaines comme la psychanalyse, la chanson, ou la littérature pour cerner ce sentiment, puis remonter l'histoire pour tenter de trouver une origine. Ensuite il y a la difficulté de traduction; en général on traduit simplement en mélancolie (ou spleen) portugaise, en fait on préfère garder le terme de saudade sans essayer de le traduire.

Quand j'ai voulu faire quelques recherches, seulement par acquis de conscience, pour avoir le plaisir de parler de la saudade (et par extension du Portugal et du Fado), je ne pensais pas que la chose était bien plus complexe. D'une part j'étais naïf (je le suis toujours) et d'autre part je constate une fois de plus mon ignorance. Mais tout de même j'ai une excuse de taille : je suis détaché géographiquement et culturellement de mon Portugal ; le résultat d'une immigration. Mais le temps passe et ce pays se rapproche de plus en plus. N'empêche que la musique et Internet y sont pour beaucoup.

Je vais donc témoigner sur mes « sentiments » sans toutefois être absolument sûr que soit exactement de la saudade.