Patricia peinte par Nolwenn
Visage de Patricia peint par Nolwenn
© copyright Nolwenn
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Le visage peint de l'acteur

Qui se peint le visage ? Les premiers qui me viennent à l'esprit sont les indigènes des contrées exotiques où les peintures expriment l'état ou les intentions du porteur ; elles ont donc un sens. Plus proche de nous on peut rencontrer un personnage qui se déguise en clown ; lui c'est un acteur, il veut susciter des émotions et peut être des réflexions. Et puis il y a le carnaval avec ses festifs décorés qui veulent sortir de la monotonie quotidienne. Sans oublier les militaires qui optimisent leur camouflage, le maquillage des femmes, des travestis, des fétichistes…

À ce stade il y a un point important que n'ai pratiquement pas abordé : c'est le cas de l'acteur. Si les indigènes sont nature alors les autres que j'ai cité sont des acteurs (ça se discute tout à fait mais je vais sévèrement simplifier). Question : l'acteur joue-t-il pour montrer une partie de lui-même ou bien pour augmenter ses possibilités d'être ? Les deux ? Si je pose ces questions je dois sûrement penser que les occidentaux (les acteurs) se sentent réduis ou petits alors que les indigènes se sentent pleins ou entiers. Qu'en pensez-vous ? Mais revenons au visage, un acteur n'a pas forcément le visage peint, encore que l'expression qu'il simule pourrait être vue comme telle.

La Luciole peint par Guènn
Visage de La Luciole peint par Guènn
© copyright Guénolée Carrel
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Les totems

Guènn (Guénolée Carrel) et Nolwenn réalisent des peintures faciales qu'elles appellent des « totems » ou bien « totwenns. » Il n'y a pas de signification particulière dans ces visages polychromes. Peut-être servent-ils à intensifier l'être. Le style est très libre, le contraste est fort et la couleur a la part belle, au point que l'aspect a l'air sauvage et primitif. C'est un tumulte, une forte agitation qui se lit sur les visages bien que techniquement tout ça est figé. Mais pas tout à fait, ce genre de masque est collé à même la peau, il suit les mouvements musculaires des expressions. Mais ces totems restent abstraits, ils sont liés à des identités abstraites.

Lors de la conquête des Amériques les Européens voyaient dans les peintures corporelles des indiens un signe de sauvagerie. Ces indigènes étaient des sauvages, ils avaient un mode d'existence bien différent des Européens judéo-chrétiens. Mais le sauvage peut être aussi celui qui survit dans Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley où l'attitude de sauvagerie est une forme de résistance envers une société qui rabaisse les hommes à l'état d'objets.

Ces « totems » sont peut-être un retour aux sources, à cet état primitif, perdu dans le passé à moins que ce soit à l'intérieur de soi-même. Est-ce une résistance à l'ennui ou à l'altération de l'identité ? Cependant pourquoi pas tourner la chose d'une autre façon : peut-être que ces peintures servent à tenter de (re)venir à un état de soi plein ou entier. Plus généralement est-ce cela le rôle de l'art ?

Des sites :

Des photos des Totems :