mardi 9 août 2005

Le sébastianisme

(Suite du précédent billet)

Le messianisme portugais

On ne sait pas avec certitude ce qu'est devenu son corps de Sébastien Ier. Mais le peuple refusa cette disparition. C'était un roi jeune, célibataire (il répugnait le mariage) et sans descendance. Il entre alors dans la légende et depuis il porte d'autres surnoms : O Adormecido (L'Endormi, ou le roi en dormition) ou bien O Encomberto ([le Roi] Secret). Suivant une légende il est toujours attendu pour son retour au pays ; revenir à la tête de la Nation pour lui redonner sa gloire et sa puissance. On dit aussi que cela se fera un matin de brouillard, ce qui nous montre un aspect très romantique et symbolique sur le retour d'un maître ou d'un homme providentiel.

Cette histoire à laquelle se mêle la légende fait partie de la culture portugaise, un passage significatif dans son histoire. Le sébastianisme est un mouvement messianique [1] entre culture, histoire et spiritualité. Sébastien est un roi, le maître d'un empire puissant, sous sa houlette une flotte rapide et agile ; en somme la force, la gloire et la jeunesse. Cette belle fleur mâle est coupée à Alcazar-Quivir et donne aux portugais un deuil sans corps, en fait un deuil sans mort.

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lundi 8 août 2005

Le Désiré

La saudade n'est bien évidemment pas apparue du jour au lendemain, elle s'est formé au gré de l'histoire. J'en profite pour commencer avec des événements importants de l'histoire portugaise, à savoir la fin de l'âge d'or du Portugal des Découvertes. En particulier avec le roi légendaire Sébastien Ier sur lequel on a coulé beaucoup d'encre. Je fais un tour dans le passé de mon pays et découvre sa dimension historique (disons une toute petite partie). Sans vouloir démontrer que que ce soit je ferai le parallèle avec le sentiment de saudade.

L'âge d'or du Portugal

Saudade est un mot féminin typiquement galégo-portugais. Il pourrait être une combinaison réalisée au Moyen-Âge de deux sens, à savoir « solitude » et « salut de l'âme ». Mais le concept pourrait apparaître lors de l'âge d'or du Portugal, celui des Découvertes et des Conquêtes aux environs du XIVe et XVe siècles, et dans une moindre mesure le XVIe. À cette époque le pays est l'un de plus puissants d'Europe. C'est un empire catholique, maritime et commercial, dont les comptoirs et les forteresses s'établissent en Amérique, en Afrique et en Asie. Mais les Portugais sont peut-être allés un peu trop loin dans leur désir de grandeur.

Extrait d'une carte de 1671 du Brésil
Extrait d'une carte du Brésil datant de 1671 réalisée par De Nieuwe pour un ouvrage d'Arnoldus Montanus (1625?-1683).
Ce brésil-là est une colonie d'où partaient notamment de nombreuses pierres précieuses vers la couronne portugaise.
[Source]

Cet âge d'or de la Lusitanie aura duré le temps d'une jeunesse, quelques siècles quand même, de quoi marquer les mémoires. Au XIIe siècle le Portugal devient un royaume indépendant, une terre gagnée sur la grande Espagne. Nous somme en période de croisade, les Maures sont petit à petit repoussés vers l'Afrique : c'est la Reconquista (Reconquête). Puis viennent les Découvertes et avec elles les colonisations, le prosélytisme forcené, la subtilisation de richesses exotiques, le commerce fluvial florissant. Le royaume de ces illustres marins prospère jusqu'au XVIe siècle, après c'est le sempiternel déclin.

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jeudi 4 août 2005

Petite intro sur la saudade

La saudade a la réputation d'être difficile à saisir. C'est un sentiment, un état qui vient plus du coeur que de la raison. Les mots font donc défaut. Il existe dans la plus part des pays lusophones (Portugal, Brésil, Cap-Vert…), mais c'est surtout au Portugal qu'il prend une place importante parce qu'il fait partie de la culture nationale, voir même de l'identité lusitanienne.

«Hombre saudoso a orillas del Douro. Oporto. 2004»
Hombre saudoso a orillas del Douro. Oporto. 2004.
(« Homme sur les berges du Douro. Ville de Porto. 2004 »)
Photo de Roberto Marquino.
© Image sous contrat CC. [Source]

D'abord la difficulté de définition. C'est une dualité entre la douleur et la joie. Il faut aborder des domaines comme la psychanalyse, la chanson, ou la littérature pour cerner ce sentiment, puis remonter l'histoire pour tenter de trouver une origine. Ensuite il y a la difficulté de traduction; en général on traduit simplement en mélancolie (ou spleen) portugaise, en fait on préfère garder le terme de saudade sans essayer de le traduire.

Quand j'ai voulu faire quelques recherches, seulement par acquis de conscience, pour avoir le plaisir de parler de la saudade (et par extension du Portugal et du Fado), je ne pensais pas que la chose était bien plus complexe. D'une part j'étais naïf (je le suis toujours) et d'autre part je constate une fois de plus mon ignorance. Mais tout de même j'ai une excuse de taille : je suis détaché géographiquement et culturellement de mon Portugal ; le résultat d'une immigration. Mais le temps passe et ce pays se rapproche de plus en plus. N'empêche que la musique et Internet y sont pour beaucoup.

Je vais donc témoigner sur mes « sentiments » sans toutefois être absolument sûr que soit exactement de la saudade.

samedi 30 juillet 2005

Des regards sous l'orage

Des regards, d'habitude quand vous marchez dans une rue d'une grande ville vous en croisez peu. Parfois vous croisez celui d'un étranger (peau sombre ou yeux bridés), d'une personne loin d'être un top model, ou des enfants, c'est-à-dire ceux qui savent encore dialoguer avec les yeux, ou qui n'ont que les yeux pour se faire vraiment comprendre. En tout cas c'est mon lot habituel. Mais il arrive qu'exceptionnellement vous vous retrouvez à plonger dans les yeux de tous les inconnus que vous croisez son votre chemin piétonnier.

Un bel orage s'est abattu sur la ville, comme ça sans prévenir, avec de grosses gouttes, de quoi mouiller intégralement tout vos vêtements en cinq minutes. En moins d'une heure un méchant nuage s'est retrouvé au-dessus de nos têtes. Dans ces cas-là pour les piétons ou certains cyclistes le monde s'arrête l'espace d'un quart d'heure. Les automobilistes, eux, ne se rendent pas vraiment compte dans leur bulle motorisée. Mais moi j'ai donné un sourire à tout ceux qui se sont trouvés sur ma route. Moi, sous mon parapluie (j'ai eu de la chance de sortir au début du cataclisme), eux, sous tout ce qui pouvait servir d'abri. Avec quelques expressions d'étonnement ou d'amusement je me suis lié l'espace d'un instant à des inconnus. Toutefois, sur le coup, ce n'était plus des inconnus ou des étrangers, mais des amis.

mercredi 27 juillet 2005

Du wiki à la saudade

Des personnes sur la plage d'Ipanema
La plage d'Ipanema au Brésil.
Photo de Felipe Mandarino.
© Copyright Felipe Mandarino,
tout droits réservés par l'auteur.
[Source]

Mon prochain thème de travail sera la saudade, ce mélange de mélancolie et de joie qui est cultivé au Portugal, mais aussi dans d'autres pays lusophones.

Cela me concerne parce que je suis portugais. C'est un sentiment très particulier, entre choix personnel et destin intraitable, on le regarde se développer en soi. La saudade vous rejoint parfois avec l'âge. Pourtant je suis jeune ; il y a quelques jours j'ai eu 34 ans.

lundi 20 juin 2005

Le corbeau

Silhouette de corbeau

Si l'on me demande quel est l'animal que je préfère je dirais le corbeau. Encore que « préférer » n'est pas exact, je dirais que c'est lui qui me stimule le plus intellectuellement. Il est noir, produit un chant rocailleux et est signe de mauvaise augure. Pourtant il m'inspire le respect. Peut-être est parce qu'il est un oiseau, mal aimé de surcroît.

J'étale ce goût pour cet oiseau noir malgré que je le connaisse peu. Disons que d'un point de vue ornithologique ou symbolique je n'avais rien à dire. Pour écrire ce billet je me suis donc renseigné. Le corbeau n'est pas seul, il y a la corneille et le choucas. Le corvus n'est pas seulement noir mais est aussi gris et un peu blanc. Il a même droit à la légende avec le « corbeau blanc » [1] et des places bien choisies dans diverses mythologies.

Et cerise sur le gâteau, j'étais bien surpris d'apprendre que le corbeau est « joueur, sociable, intelligent »

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jeudi 2 juin 2005

Du collage sur Collagène

Le collagène, pour un petit air de jeunesse…
Agréable et absolument sans danger, les applications de collages gomment tristesse profonde et petites peines, redessinent les murs de votre maison et apportent une touche de couleur à un appartement trop blanc. Le tout sans passer par le scalpel des grands chirurgiens de la peinture.

Juliette Paoli, extrait de «  QU'EST CE QUE LE GENE DU COLLAGE ? »

Juliette a un cheval de bataille qui s'appelle le collage. Elle ne fait pas seulement l'activité créatrice artistique, mais elle tente aussi par la dérision et l'amusement, avec un blog de rien du tout, de réunir des collagistes qui ne se prennent pas la tête, dans une ambiance bon enfant [source].

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vendredi 27 mai 2005

Je suis listé dans l'Open Directory Project

Par hasard je tombe sur une liste de blogs en attente d'être inscrits sur l' Open Directory Project (ODP), un super annuaire généraliste de plus de 4 millions de sites listés. Mon blog y figure mais il n'y a rien d'extraordinaire car on est tous invités à s'inscrire. Il se peut que j'ai moi-même demandé cette inscription, mais je m'en rappelle pas du tout. Toujours est-il que je suis content d'y être.

Tous ceux qui font leur propre référencement savent qu'il est difficile de donner une phrase courte, claire et juste décrivant le contenu du site. Là, quelqu'un s'en est chargé à ma place, et c'est un « éditeur » qui se fait appelé bmgg4 qui décrit mon blog :

Je suis dans la lune - Artiste, internaute et webmaster, l'auteur dit se laisser guider par la sensation et l'émotion pour décrire ses créations ou ses découvertes sur le Net.

[source]

Pas mal. C'est pas tout à fait exact, mais moi-même je n'aurais pas fait mieux. Si je devais faire une telle phrase descriptive elle ressemblerait beaucoup à celle-ci.

Mais à la fin qu'est-ce que l'ODP ?

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samedi 14 mai 2005

La danse des branches

Quelle logique y a-t-il à laisser notre imagination nous dicter des choix irrationnels dans notre vie ?

Aujourd'hui je vis dans un appartement palois dont le vis-à-vis est un petit immeuble rectangulaire. Pas vraiment laid, mais franchement pas beau, surtout qu'il m'expose le côté cuisine. Pour voir et toucher de la verdure soit je me contente de mes plantes soit je sors. Mais avant que je ne vive dans ce trou (parfois je l'appelle grotte) j'avais une vue idéale. De mon ancienne chambre, planant au onzième étage, je pouvais voir les couchés de soleil [1], les gens et les voitures allant je ne sais où, les haies et les arbres. Faut dire qu'à Pau on est gâté côté verdure.

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mercredi 11 mai 2005

Le projet MediaGlyphs, pour un langage universel

MediaGlyphe

Dans la série langues artificielles et universelles voici l'impressionnant projet MediaGlyphs (MG). Il a pour but de créer un langage universel idéal, simple, neutre et sans ambiguïté sémantique. Pour cela il est basé sur un peu moins de 2000 glyphes (icônes, images, idéogrammes) relativement simples et relativement faciles à apprendre. C'est, par exemple, les formes géométriques, les parties du corps humain, les notes de musique, les couleurs, les nombres, les objets communs ou naturels. Il est destiné à être utilisé par les machines et les humains, sans barrières de culture, de langue et d'handicap, du moins dans la mesure du possible. Cette langue abstraite aux hiéroglyphes modernes rappellent l'Espéranto ou les idéogrammes chinois. Elle s'est même inspirée de la langue Solrésol, inventée par François Sudre, pour ce qui de la prononciation ou de la restitution sonore.

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lundi 9 mai 2005

Un exercice pour sentir la Terre

Vous voulez avoir conscience de la Terre ? Je veux dire au sens physique, on touche pas seulement de la terre, mais on touche aussi notre Terre. Voici un petit exercice sans prétention à faire seul ou entre amis :

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dimanche 8 mai 2005

Essai sur le sens de la terre vers le vide

Nous sommes des animaux debouts. Nos corps suivent une ligne dont le sens va de la terre vers le ciel. Où que l'on soit sur la planète ce sens est conservé. Ce qui m'accroche c'est la direction terre-ciel, matière-vide. Le vide dont je parle est un joyeux mélange d'air, de vide spatial, de vide intellectuel, émotionnel, de silence, de paix et j'en passe et des plus fumeux. La matière dont je parle c'est… notre monde. Je crois que l'être qui illustre bien cette direction c'est la plante. La plante toute bête, commune, des racines, une tige, des feuilles, etc.

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dimanche 20 mars 2005

Utopie et consommation

Ma contribution

  1. Pas de voiture

    Pour l'instant c'est facile, je n'en ai pas les moyens.

  2. Diminuer significativement ma consommation d'eau

    Difficile car je paye la même chose quelle que soit la quantité. Habitant dans une région où la pluviométrie est supérieure à la moyenne nationale d'un pays européen (j'habite à Pau dans le sud-ouest de la France) je ne perçoit en aucune manière son caractère sacré. En Afrique et au Moyen-Orient, pour ne citer qu'eux, on tue pour de l'eau.

  3. Adieu la télé

    C'est fait des années que mon appartement n'a voit plus. J'en croise encore au gré de mes fréquentations. Mais méfiance, Internet pourrait lui ressembler. On peut bien faire de l'interactivité bidon.

  4. Minimiser la viande

    Manger seulement un minimum de viande, voir s'offrir des jours sans viande. Comme beaucoup je suis omnivore, mais ce n'est pas parce que mon corps est omnivore que je vais me sentir obligé de manger de la viande.

  5. Minimiser la consommation du papier

    Ne plus acheter de livres neufs, ou alors rarement. Le livre est l'objet le plus répandu chez moi; la quasi totalité sont des livres de seconde main.

    Avec l'avènement du numérique les arbres ont peut-être une chance de respirer. D'un autre côté les données électroniques ne sont absolument rien sans énergie électrique…

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samedi 19 mars 2005

Le faucon et le serpent

Mamba et faucon

Dans un petit article à sensation d'une encyclopédie animalière, à publication périodique des années 70, j'ai trouvé matière à méditation. D'un simple, mais inhabituel, fait divers du monde animal on peut tirer une fable avec une morale facile, voir un peu plus. J'ai lu par hasard cette anecdote il y a déjà quelques années. C'est l'histoire de deux prédateurs typiques, un faucon et un mamba vert, qui font chacun une erreur de tactique. Cette erreur leur coûte la vie.

Échec de deux stratégies

Les armes du faucon : un bec et des griffes acérées qui, en se refermant sur eux-mêmes, déchirent la chair de la proie. Le classique repas du rapace ce sont les rongeurs et les oiseaux, somme toute des proies pépères. Un corps aérodynamique dans un vol en piquée, à haute vitesse, atteint sa cible, en mouvement ou pas. L'oiseau peut reprendre de l'altitude avec ses griffes solidement enfoncées dans le corps du malheureux.

Le mamba vert, prédateur arboricole a une arme efficace qui est une paire de crochets desquels gicle un venin foudroyant et mortel. Quand le serpent attaque la proie il faut que celle-ci soit immédiatement à sa merci, sinon dans la gesticulation pré-mortem la proie peut tomber à terre et, donc, être hors de portée de son estomac. D'où l'utilité du liquide foudroyant de ce serpent qui aime à rester sur sa branche, camouflé par les feuilles vertes tropicales.

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mardi 1 mars 2005

Delphine Coras expose à Toulouse

Caprice sur scène
« Écoute », Delphine CORAS
[Source]

Delphine Coras est une artiste que j'ai la chance de connaître en chair et en os. Après avoir fait du stylisme de mode et de l'illustration textile elle peint, confectionne des masques, sculpte… C'est quelqu'un de doté d'une sensibilité mystique, onirique, et symbolique, qui aime à réaliser des peintures aux matières et aux textures consistantes et sensuelles. Les tubes de couleurs ne lui suffisent pas, elle élabore elle-même ses propres couleurs avec des pigments. Elle va même jusqu'à extraire le pigment de plantes (aux dernières nouvelles cette dernière cuisine s'avère imprévisible).

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